Affichage des articles dont le libellé est président. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est président. Afficher tous les articles

samedi 23 juin 2012

Faut-il attendre quelque chose des conférences internationales sur l'environnement ?


La conférence internationale de Copenhague 2009 a été perçue comme un échec retentissant des négociations, puisque le texte de compromis final de cette conférence était non-contraignant. Ce texte prévoyait quand même le déblocage de 100 milliards d'euros par an à partir de 2020 pour aider les pays les moins développés à faire face aux changements climatiques. Au lendemain de Rio+20, force est de constater que nous sommes bien loin d'avoir pu atteindre ces sommets, fussent-ils « seulement financiers ». Le texte final de Rio+20, pas plus contraignant que celui de Copenhague, liste des bonnes intentions de niveau très « stratégique », sans préciser les voies et moyens de l'action. Les chefs d'Etat sont contre la faim, la pauvreté, la désertification, l'appauvrissement des océans, la pollution, la déforestation, et contre le risque d'extinction de milliers d'espèces. Et bien moi aussi, je suis contre, et je n'ai pas besoin d'aller à Rio pour le dire !
Ces résultats sont décevants, mais peut-on espérer quelque chose de réunions de chefs d'Etat aussi nombreux et aux intérêts aussi divergents ?


L'environnement dépasse les frontières, la solidarité est nécessaire !
Le but ultime de la doctrine sociale de l'Eglise est le développement intégral de tout homme et de tout l'homme. Cette attention à « tous » traduit le principe de solidarité qui s'exprime en particulier dans le partage des biens que la nature nous donne. Au lieu d'être en compétition les uns avec les autres, le magistère nous demande de nous allier les uns aux autres pour jouir des bienfaits de la nature. « Voir dans l'autre un co-créateur plutôt qu'un concurrent transforme l'interdépendance subie en interdépendance choisie. L'autre […] devient promesse d'un projet commun porteur de plus de vie pour chacun » (enjeux et défis écologiques pour l'avenir). Exit l'idée d'un « donnant-donnant », il nous faut apprendre le « bien vivre ensemble ».
Et il est vrai que tant de choses dans l'environnement dépassent les frontières administratives des états.
  • l'épuisement d'une ressource naturelle porte préjudice à celui qui l'extrayait et la commercialisait, mais également à ceux qui l'utilisaient et devront changer leurs usages.

  • Les espèces animales peuvent voyager, et une action sur le terrain d'un état peut avoir des incidences sur des espèces qui habitent dans d'autres territoires plus ou moins lointains en fonction de la capacité de l'espèce à migrer loin ou rapidement. « Chacun peut saisir l'importance de la région amazonienne, l'un des espaces naturels les plus appréciés dans la monde pour sa diversité biologique ce qui le rend vital pour l'équilibre environnemental de toute la planète » (#466 du compendium)
  • La qualité de l'eau est un sujet très fréquent de contentieux entre les pays. L'eau d'un fleuve qui passe la frontière est chargée de polluants qui empêchent parfois des usages particuliers en aval. Les prélèvements en amont réduisent également la quantité d'eau disponible pour les populations qui sont en aval, dans les pays qui subissent des pénuries d'eau importantes. « Un accès limité à l'eau potable a une incidence sur le bien-être d'un très grand nombre de personnes et est souvent la cause de maladies, de souffrances, de conflits, de pauvreté et même de mort ; cette question doit être cernée de façon à établir des critères moraux fondés précisément sur la valeur de la vie et sur le respect des droits et de la dignité de tous » (#484)
  • L'usage des biotechnologies doit aussi être respectueux de l'égale dignité de tous. L'asservissement des populations les moins riches par des cultures qui ne permettent pas de ré-ensemencer sa propre culture de l'année précédente est également contraire au principe du bien-vivre ensemble.
  • La pollution des airs, bien évidemment, traverse les frontières, et peut voyager à travers tout le globe avant d'être « absorbée » par la nature.


Il faut une force d'impulsion, les Etats et les chefs d'Etat ont leur rôle
L'action non concertée de quelques Etats seuls ne suffira pas. L'épuisement des richesses d'un territoire aura des incidences plus larges sur d'autres territoires. Il faut donc une coordination internationale sur ces sujets. Une nouvelle forme de gouvernance est nécessaire. Bien que non demandée explicitement dans le compendium qui pourtant est tout à fait dans cet esprit, elle apparaît plus précisément dans le document « enjeux et défis écologiques pour l'avenir » : « L'écologie appelle à inventer de nouvelles formes de gouvernance mondiale qui permettent à chaque pays de peser sur les décisions, indépendamment de son poids économique ». Rio+20 institue une « instance politique de haut niveau », mais ne lui donne aucun pouvoir concret, et seulement de vagues missions comme « Exercer une action mobilisatrice, donner des orientations et formuler des recommandations aux fins du développement durable ». L'Europe a pourtant commencé à montrer que certains types d'outils peuvent fonctionner entre Etats : homogénéisation de réglementations environnementales, création d'un marché des émissions pour favoriser les « bons élèves » et faire payer les « mauvais élèves », … De bonnes idées pourraient être reprises à un niveau supérieur, par application du principe de subsidiarité vu que les Etats individuels ne réussissent pas à se mettre d'accord sans une instance supérieure... Il est normal que la traduction juridique des engagements en faveur de l'environnement soient difficiles à mettre en place, et qu'on avance pas à pas au début, mais l'objectif de renforcer la coordination internationale est bien le bon, il ne faut pas le perdre de vue !
Les chefs d'Etat ont, par rapport à d'autres acteurs touchés au jour le jour par les contingences matérielles, la chance de pouvoir s'ils le souhaitent réfléchir sur le long terme. Or c'est justement l'un des axes qui doivent être développés dans notre réflexion sur l'environnement. « La crise écologique élargit d'une manière radicale l'horizon de notre responsabilité : nos décisions d'aujourd'hui ont plus que jamais un effet direct sur les conditions de vie de demain. Nous sommes ainsi invités à intégrer le futur dans nos décisions sur le présent et, de ce fait, à nous inscrire dans une ligne de temps qui nous précède et qui nous dépasse ». « L'actuelle crise financière et économique conduit à amplifier cette concentration sur l'urgence et l'immédiateté alors qu'une mise en perspective historique et une prise en compte de l'avenir de notre monde pourraient mener à de nouvelles orientations de vie, plutôt que s'en tenir à des critères normatifs qui montrent leur incapacité à résoudre les problèmes vitaux ». (enjeux et défis écologiques pour l'avenir). Il est donc juste d'attendre de la part de nos dirigeants qu'ils abordent les sommets internationaux du type de Rio+20 avec cet état d'esprit de souhaiter privilégier le long-terme sur le court-terme. L'échec des négociations est le signe que ça n'a pas été suffisamment le cas, et il nous faudra par tous les moyens possibles aider nos hommes politiques à assumer ce rôle que nous souhaitons qu'ils tiennent.

*  *  *
Oui, j'attends beaucoup de choses de ces sommets internationaux, et je suis déçu des résultats très limités des derniers qui ont eu lieu. Apprendre à vivre ensemble passe par une solidarité (géographique, mais aussi avec les générations futures !) qui fait sortir du « donnant-donnant ». Une institution internationale forte dans le domaine de l'environnement nous y aiderait. Pour aider nos politiques à mieux appréhender l'importance de ces sujets, l'Eglise nous donne deux pistes très concrètes pour nous « chrétiens de terrain ». Notre action, forcément limitée, montrera aux hommes politiques qu'ils doivent, eux aussi, porter ces sujets-là, et ne pas tout attendre de la société civile
  • Nos styles de vie doivent s'inspirer de la sobriété, de la tempérance, de l'auto-discipline, sur le plan personnel et social. Il nous faut sortir de la logique de la simple consommation. Vivre cette « sobriété heureuse » sera le signe pour nos dirigeants que la logique de la consommation n'est pas un absolu, et qu'on attend plus de la vie que juste la consommation de biens !
  • Nous devons réapprendre la contemplation. Comme le fait d'observer le shabat permet d'acquérir un plus juste rapport au monde, la contemplation des saisons qui passent saura nous éviter d'acheter des fraises en hiver (femmes enceintes excusées!). La contemplation du Seigneur le dimanche saura nous aider à ne pas favoriser le travail du dimanche, et à se passer un jour par semaine d'assouvir notre besoin de consommation en faisant nos courses au supermarché... et la contemplation silencieuse de la beauté de la nature saura renforcer notre envie de la protéger dans chacune de nos actions.

lundi 12 mars 2012

Faut-il réduire le salaire du président ?


L'un des faits de campagne de la semaine est l'apostrophe de Nicolas Sarkozy à François Hollande sur leurs deux salaires, de président de la république et de président du conseil général respectivement. François Hollande avait annoncé qu'il baissera de 30% le salaire du président de la république (19 331 € net) s'il est élu. Nicolas Sarkozy lui répond aujourd'hui qu'il peut commencer avec son salaire de président de conseil général (5400 € bruts) s'il le souhaite. Outre les attaques politiques qui ont motivé ces deux prises de positions (l'un pour signaler que son rival s'était octroyé une augmentation de 172%, l'autre pour signaler que le département dirigé par l'un est le plus endetté de France), on peut remarquer que l'un et l'autre semblent se poser des questions sur les niveaux de rémunération
Mais qu'est-ce qu'un salaire juste ?

*  *  *

Un salaire à la mesure de l'homme
La parabole des ouvriers de la dernière heure (Matthieu 20, 1-16) nous ouvre les yeux sur le fait que la finalité première du salaire est l'homme, non le travail. L'échange entre le maître de la vigne et les ouvriers de la dernière heure est d'ailleurs évocateur : "Pourquoi restez-vous ici tout le jour sans travailler ? - C'est que personne ne nous a embauchés - Allez, vous aussi, à ma vigne." Ce ne sont pas les ouvriers qui sont montrés du doigt pour leur paresse, mais les "personnes qui ne les ont pas embauchés". A tel point que le maître de la vigne corrige cette erreur en les embauchant. La mesure du travail est d'abord l'homme, ensuite seulement vient leur réalisation. Pas étonnant alors que les ouvriers de la dernière heure reçoivent un salaire identique aux ouvriers du matin. Considérant que le travail a une priorité intrinsèque contre le capital, on comprend ainsi pourquoi dans le cadre d'une liquidation judiciaire, les salaires des employés sont prioritaires par rapport aux autres créanciers (superprivilège des salaires). Il serait certainement un peu hasardeux de conclure de la parabole des ouvriers de la dernière heure que les salaires doivent être égaux pour tous quel que soit le travail. Mais on peut en tout cas commencer par se dire qu'un salaire "ne doit pas être insuffisant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête" (encyclique "de Rerum Novarum"). L'Eglise va plus loin : "On n'épargnera aucun effort en vue d'assurer aux pères de famille une rétribution suffisamment abondante pour faire face aux charges normales du ménage" (encyclique "Quadragesimo Anno").

Le salaire a pour "but" de permettre une subsistance aux familles. On peut d'ailleurs noter qu'il est faux de penser qu'un salaire sur lequel employeur et employé se sont mis d'accord en devient automatiquement juste. Des travailleurs en détresse peuvent être amenés, pour survivre, à accepter des conditions dégradées qui ne répondent pas aux objectifs qu'un salaire doit permettre d'assurer. Mais dans quelle mesure, et comment dimensionner les salaires ?
- En premier lieu, le salaire doit "assurer  l'homme des ressources qui lui permettent, à lui et à sa famille, une vie digne sur le plan matériel, social, culturel et spirituel" (#302 compendium de la DSE). On n'a pas encore un chiffre en euros, mais quelques éléments sont précisés : Le matériel regroupe notamment logement, nourriture et habillement. Le culturel appelle un petit surplus que l'homme peut utiliser à des activités qui nourrissent l'esprit. Le social appelle un petit surplus que l'homme peut utiliser en vue d'une intégration avec les autres hommes. Enfin, l'aspect "spirituel" est essentiellement développé dans l'encyclique de Rerum Novarum comme le fait que les modalités de travail doivent permettre à l'ouvrier de se ménager du temps pour Dieu (comme les hébreux voulaient du temps au désert pour adorer Dieu, que Pharaon leur refusait) : pas de travail du dimanche, et un repos à la mesure des efforts consentis pour accomplir son travail.
- En deuxième lieu, le salaire doit permettre à l'ouvrier de se constituer "un petit superflu qui lui permette de parvenir un jour à l'acquisition d'un modeste patrimoine". La propriété est de droit naturel (l'homme a besoin d'un terrain pour cultiver ce dont il a besoin et assurer une certaine sécurité à sa famille : "Ce salaire doit permettre la réalisation d'une épargne favorisant l'acquisition de telle ou telle forme de propriété, comme garantie de la liberté : le droit à la propriété est étroitement lié à l'existence des familles, qui se mettent à l'abri du besoin, grâce aussi à l'épargne et à la constitution d'une propriété familiale"). Aussi le salaire est-il l'outil qui rend possible cette propriété et doit la rendre envisageable même pour des ouvriers.
Aujourd'hui en France, il est difficile de dire que le SMIC permette d'assurer tous ces objectifs. Peut-être en province dans des lieux aux loyers peu élevés, et pour un célibataire sans enfants. Si l'on considère en revanche que la norme sociale est aujourd'hui d'avoir deux salaires dans un couple, on peut penser que le SMIC répond assez correctement à l'objectif, hormis probablement la ville de Paris.

Un salaire à la mesure du travail
Si le niveau "minimum" du salaire se trouve ainsi relativement bien défini, se pose toujours la question de la modulation du salaire. Et là, l'Eglise nous indique bien qu'il n'est pas question de viser une égalité salariale pour tous. "l'homme doit accepter cette nécessité de sa nature qui rend impossible l'élévation de tous au même niveau.
C'est la nature en effet qui a disposé parmi les hommes des différences aussi multiples que profondes ; différence d'intelligence, de talent, de santé, de force ; différences nécessaires d'où naît spontanément l'inégalité des conditions. La vie sociale requiert dans son organisation des aptitudes variées et des fonctions diverses, et le meilleur stimulant à assumer ces fonctions est, pour les hommes, la différence de leurs conditions respectives" (de Rerum Novarum). Certains facteurs de modulation sont d'ailleurs donnés par l'Eglise. Le niveau de salaire doit prendre compte "des fonctions et de la productivité de chacun, de la situation de l'entreprise et du bien commun".(#302 du compendium)
Mon décryptage de ces quatre éléments :
- les fonctions occupées : Elles peuvent présenter une certaine pénibilité physique, une certaine exposition aux risques professionnels et juridiques, ou à la pression, ou simplement un investissement en temps et en énergie plus grand. Ainsi, un salaire plus élevé pour un ouvrier posté par rapport à un collègue travaillant aux heures ouvrables est normal. Idem pour un manager dont l'exposition aux risques juridiques et à la pression est souvent plus importante que les membres de son équipe. "Les anciens qui dirigent bien l'Église méritent un double salaire, surtout ceux qui ont la lourde responsabilité de prêcher et d'enseigner." 1Tm 5 17
- la productivité : C'est là le principe de participation qui trouve à s'appliquer : "Nous estimons approprié de tempérer le contrat de travail par des éléments empruntés au contrat de société. C'est ce que l'on a déjà commencé à faire sous des formes variées, non sans profit sensible pour les travailleurs et pour les possesseurs du capital. Ainsi, les ouvriers et employés ont été appelés à participer en quelque manière à la propriété de l'entreprise, à sa gestion ou aux profits qu'elle apporte". (Quadragesimo Anno)
- la situation de l'entreprise : La participation permet de faire bénéficier les ouvriers des bénéfices de l'entreprise. Mais pour sauvegarder une entreprise et l'emploi qu'elle génère, il peut être nécessaire en certains cas extrêmes que les travailleurs abandonnent une partie de leur rémunération pour passer une période difficile.
- le bien commun : A l'instar des gestionnaires de la parabole des talents déjà évoquée sur ce blog, si une entreprise confie à un manager de grands biens en vue de les faire fructifier, il est normal que la Société dans son ensemble, représentée par cette entreprise, confie une certaine quantité d'argent à ce gestionnaire qui, à titre privé, pourra, plus facilement qu'un autre, les faire fructifier en vue du bien commun. L'argument peut également être transformé pour traiter le cas d'un ouvrier qui accepte de donner de soi en accomplissant un travail plus pénible que les autres, et pourra peut-être plus facilement dans la Société faire preuve de charité. L'un des aspects du bien commun relatif à la répartition salariale est développé dans Quadragesimo Anno : il ne faut pas que les salaires, trop hauts, ne remettent en cause la capacité pour chacun d'avoir un travail. (il est connu qu'un SMIC trop haut est un frein à l'emploi. Mais pour les très hauts salaires, des exagérations spectaculaires détournent une partie de l'argent qui pourrait être utilisée dans l'entreprise pour maintenir ou développer des emplois)

*  *  *

Revenons-en maintenant à nos hommes politiques et à leur salaire. Je suis relativement serein sur leur capacité à vivre une vie digne sur le plan matériel, social, culturel et spirituel, ainsi qu'à pouvoir envisager d'acquérir une certaine forme de propriété. Il n'est donc pas nécessaire, en première lecture, d'augmenter leur salaire pour leur permettre de tendre vers leur dignité d'homme en plénitude. Faut-il alors les baisser ? Reprenons les 4 éléments :
- fonction occupées : En termes de quantité de travail, d'énergie dépensée, de niveau de pression, et même de risque juridique (après son mandat), le poste de président de la république est certainement l'un des postes les plus "difficiles" à tenir.
- productivité : Je ne vais pas développer le sujet du bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy, sujet probablement plus ou moins insoluble, mais on peut certainement reconnaître sans trop se mouiller que de nombreuses décisions ont été prises, et réformes menées, suite à son action.
- situation de l'entreprise : l'Etat Français est encore un "bon emprunteur" même s'il a perdu son triple A. 19000 euros ne remettent pas en cause la viabilité de l'Etat Français. Néanmoins, la situation des finances publiques est certainement préoccupante.
- bien commun : En comparaison avec certains salaires de footballeurs, ou même des patrons du CAC40, je suis surpris du "faible" niveau de la rémunération du président de la république. En effet, les patrons du CAC40 reçoivent 200.000 euros par mois en moyenne, soit 10 fois plus que le président de la république. Pour info, ils ont en gros les mêmes salaires que les 40 footballeurs les plus payés en France. Or la capacité du président à "gérer" des biens n'est probablement pas plus faible que celle des grands capitaines d'industrie, a fortiori de footballeurs. Henry Ford disait que le patron d'une entreprise ne devait pas recevoir plus de 40 fois le salaire de la personne la moins payée de l'entreprise. Le président de la république est à moins de 20 fois. Les patrons du CAC40 sont en moyenne à 200 fois. A ce niveau-là, on peut estimer que le salaire du président ne remet pas en cause l'emploi dans la fonction publique. Il permet au président (probablement plutôt à ses conseillers en investissement vu qu'il doit probablement avoir interdiction d'investir lui-même directement) d'investir dans des entreprises qui créent de l'emploi, ou dans des projets d'avenir qui génèrent également de l'emploi.

En conclusion, il me semble, comme le dit Nicolas Sarkozy, que cette polémique sur le salaire du président (ou du président de conseil général) n'a pas grand sens, et qu'il est plus judicieux d'aller chercher du côté des footballeurs. Ce qu'en l'occurrence, François Hollande a également fait.